Retour sur des Bienfaits Anciens Confirmés par la Science Moderne
La bière, boisson millénaire issue des céréales, a longtemps été appréciée non seulement pour son goût, mais aussi pour ses vertus reconstituantes. Des Celtes qui lui donnaient le nom de Cervesia (associant les céréales à la force) aux médecins de l’Antiquité comme Hippocrate qui lui consacra un traité, son rôle dans la santé était empiriquement reconnu.
Aujourd’hui, la médecine moderne s’intéresse à nouveau à cette boisson, et les découvertes récentes confirment sur des bases scientifiques la valeur nutritionnelle et protectrice d’une consommation de bière modérée et régulière.
1. Les Composants Naturels de la Bière
La bière est une des très rares boissons fermentées à base de céréales. Sa composition est riche et variée :
- Glucides : Principalement des « sucres lents » (index glycémique bas).
- Minéraux : Riche notamment en potassium et magnésium.
- Vitamines du Groupe B : Sa teneur en vitamines B (folates, riboflavines, pyridoxines) est particulièrement notable.
- Alcool : Modérément alcoolisée (40 à 50 g d’alcool par litre).
Il est crucial de noter qu’un demi de bière (25 cl), un verre de vin (10 cl) ou un spiritueux (servi en CHR) contiennent approximativement la même dose d’éthanol, soit 10 g par boisson.
2. Bière et Protection Cardiovasculaire : Le Mécanisme de l’Éthanol et des Vitamines B
L’impact d’une consommation d’alcool modérée (estimée entre 20 et 40 g d’alcool/jour, soit l’équivalent de 2 à 4 demis de bière pour les hommes, et 2 demis pour les femmes) sur une moindre mortalité coronarienne a été observé dans plusieurs études épidémiologiques.
L’Action de l’Éthanol
À dose modérée, l’éthanol agit favorablement sur les lipides sanguins :
- Il induit une augmentation du HDL (ou « bon ») cholestérol.
- Il provoque une diminution du LDL (ou « mauvais ») cholestérol.
- Il possède des propriétés anticoagulantes, limitant le risque de formation de caillot et donc d’infarctus.
Le Rôle Spécifique des Vitamines B
La bière pourrait avoir des vertus protectrices propres grâce à sa teneur en vitamines du groupe B, essentielles au métabolisme de l’homocystéine.
- L’homocystéine est un facteur de risque cardiovasculaire récemment identifié.
- Les résultats des études SU.VI.MAX et COBRA confirment que les buveurs de bière modérés ont un taux d’homocystéine plus faible, contribuant ainsi à la réduction du risque cardiovasculaire observée.
Cet effet protecteur ne s’exerce pas exclusivement sur le cœur, mais sur l’ensemble du système vasculaire.
3. Bière, Poids et Métabolisme
Plusieurs études, dont une menée par l’équipe du Pr. Gérard Debry à Nancy, ont démontré que la consommation modérée de bière ne fait pas grossir, allant à l’encontre de certaines idées reçues.
Bière et Corpulence
Cette observation s’explique par deux mécanismes principaux chez les consommateurs modérés :
- Adaptation alimentaire : Ils compensent l’apport glucidique de la bière en réduisant les autres apports en sucre au cours du repas.
- Satiété : Ils ont moins tendance à grignoter en dehors des repas et ont un repas du soir plus léger.
Bière et Glycémie
Consommée en quantité modérée et régulière, la bière :
- N’a pas d’influence sur la glycémie (taux de glucose), l’insulinémie ou les triglycérides.
- Réduit le risque d’apparition du diabète de type 2 et de l’insulinorésistance, grâce à l’effet de l’éthanol. (L’excès, à l’inverse, augmente ces paramètres et le risque.)
4. Uniquement pour une Consommation Modérée et Responsable
S’il est avéré qu’une consommation régulière et modérée de boissons alcoolisées a des bénéfices en termes de mortalité totale et cardiovasculaire, le message scientifique doit être clair :
La consommation excessive est à l’origine d’une surmortalité importante (maladies cardiovasculaires, hépatiques, neurologiques, cancers, etc.).
- Il est donc nécessaire de ne recommander une consommation raisonnée que chez les sujets non-fragiles ou non-susceptibles de développer une addiction.
- Il ne faut en aucun cas encourager les abstinents à commencer une consommation modérée.
Néanmoins, la mise en évidence des effets d’une consommation modérée peut servir d’argument pour préconiser une consommation raisonnable auprès des consommateurs excessifs. La bière, en tant que produit naturel issu des céréales, a toute sa place dans le cadre d’une alimentation équilibrée, à condition que l’excès soit banni.
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